logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

25/10/2016

Une "rentrée" en 1944...

L'entrée en cours préparatoire, le CP, fut, pour moi et mes camarades, une grande aventure. C'en était fini des collages, peintures et autres poteries. Il était question d'apprendre mais apprendre quoi? Pour sûr, cela ne pouvait être que très difficile.

L'inscription monumentale sur le fronton de l'école: "Ecole primaire des garçons", me fit comprendre que filles et garçons ne se mélangeaient pas. La séparation des sexes s'opérait de façon obligatoire et inéluctable. L'Administration avait mis une distance de deux cents mètres entre les deux écoles comme deux bastions qui se toisaient.

Mon premier contact, avec la cour de récréation, où se parquaient une centaine d'élèves, ne fut pas désagréable.  Des groupes de gamins se formaient en fonction des âges et de l'ancienneté; les petits avec le regard inquiet et les larmes au bord des yeux, serrant convulsivement leur cartable neuf comme pour en faire un rempart et les plus grands, blazés, faisant du genre.

Je n'étais pas traumatisé outre mesure. Mon naturel vivant et un peu indiscipliné m'aidait à tenir le coup.

La cloche, secouée avec vigueur, sonna le glas de nos états d'âme. Les choses sérieuses commençaient: se ranger deux par deux, la main sur l'épaule de l'autre devant, pour ne pas se perdre, pour ne pas se sauver et laisser l'autre seul.

-  Et en silence, s'il vous plaît ! Lançait une voix encore inconnue. Et puis avancer dans le long couloir où s'étiraient deux rangées de portemanteau, comme une haie d'honneur. Et enfin, profiter des derniers instants de bavardage avant de se retrouver en blouse grise, triste uniforme pour une triste journée.

Dans la classe, il régnait néanmoins une bonne odeur de cire et d'encre mélangées. De grandes cartes de France et de belles photographies de paysages décoraient les murs.

Trois rangées de pupitres en bois, doubles, avec les bancs d'un seul tenant qui étaient prêts à  accueillir nos honorables fessiers. Selon les affinités et les fraternisations récentes, les gosses se plaçaient deux par deux en se gratifiant d'un sourire timide.

Le visage sombre et les bras croisés sur le bois ciré, une autre vie s'ouvrait à nous. 

("Vivre heureux, Survivre heureux" - extrait)

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique